... et moi, et moi, et moi

 

 

Mauvaise humeur

 

Le premier Sinistre et le ministre de la prison de la Santé ont parlé.

Le président s’est planqué. Il avait un mot d’excuse signée par la mère UBU.

Les voitures ont foncées sur l’autoroute vers les zones non confinées, vers les résidences secondaires en pleine nature ou au bord de mer.

Restent les fonctionnaires, les réquisitionnés, les retraités pauvres, les premiers de corvées, les prolos, les SDF, les sans dent, les sans permis de conduire, les sans permis de se reconstruire.

Nous les pauvres, les moins chanceux, nous subsisterons au milieu des ordures et de la pollution à gober de fines particules.

Nous danserons au son des marteaux piqueurs qui éventrent les caniveaux pour colmater les fuites de gaz et faire passer les tentacules de la 5 G.

Nous ferons voler au vent d’inutiles attestations de déplacement comme autant de cerf volant voyageur.

Nous réciterons chaque matin la liste des interdits, déconseillés, limités, non autorisés comme autant d’ode à la joie.

Nous goûterons la plénitude des prisonniers en avalant quotidiennement nos 10 kilomètres d’asphalte sans craindre pour nos talons usés car heureusement les petits coordonniers restent ouverts.

Et ivres de cette saine fatigue nous nous écroulerons devant nos écrans pour contempler d’étranges personnages qui parlent pour ne rien dire s’agitant comme des poissons rouges dans un bocal.

 

le prisonnier