... Les MOTS sont des PRISONS

 

 

résumé 10

 

 

) Situations Critiques : Poésies presque complètes ( 1974- 2014 )

 

situations critiques

 

http://leoncobra.canalblog.com/archives/2008/10/22/11050675.html

 

l'imaginaire

 

Ça coûte combien le bonheur ?

 

Mordu par une algue verte à marée basse, j'ai versé des larmes de sel.

Un vampire daltonien m'a dérobé mon argent de poche.

Je n'étais pas assuré contre les catastrophes naturelles.

Ça coûte combien le bonheur ?

 

J'ai vendu des cigarettes électroniques à des moustiques neurasthéniques.

La foudre est tombée sur le monument aux morts.

Je plaide non coupable au bar de l'Ennui.

Ça coûte combien le bonheur ?

 

J'ai croisé l'Horreur et l'Avarice à la crêperie de la Corniche.

Les voleurs d'âme se sont installés rive gauche.

Des taureaux de plomb m'ont fait la grimace.

Ça coûte combien le bonheur ?

 

J'ai noyé mon chagrin sous un noyer plastique fabriqué à Nankin.

Eclusé 16 feuilles mortes et plumé des aras qui riaient

Je signe un chèque en blanc à la pénombre.

Ça coûte combien le bonheur ?

 

entre les murs

 

J'ai tranché les maux du sommeil mauve au sécateur cosmique,

donné à boire aux statues de marbre crème,

la jambe gauche fracturée, repliée sur le bas coté.

Ça coûte combien le bonheur ?

 

Torturé sous la tonnelle d'un jardin public par des bandits manchots,

j'ai démembré l'Imaginaire en taches minuscules,

saisi le code secret des illusions perdues.

Ça coûte combien le bonheur ?

 

Le père du terroriste végétarien attirait  les oiseaux migrateurs

en chantant des psaumes païens à l'orgue de barbarie.

J'ai accroché des pinces à linge au mur du son.

Ça coûte combien le bonheur ?

 

Je vogue à la dérive sur des rivières en crue.

Un sourire de glaise en rempart inutile.

j'ai brûlé mon dictionnaire de rimes et coupé le fil rouge.

Ça coûte combien le bonheur ?

 

 

Diatribe II

 

Je ne sais plus.

Je ne sais plus très bien ce que j'ai écrit depuis 2O ans ; ce que j'ai mis en ligne, ce que j'ai refoulé.

Je ne sais plus très bien ce qui me plait, ce qui m'ennuie, ce que je massacre, ce que je maitrise, ce que je balbutie, ce que je rabâche sans arrêt, ce que je cherche à créer ou à détruire...

Je n'ai plus aucun repaire palpable. J'ai tout balancé sur l'autoroute virtuel comme dans un égout à ciel ouvert. C'est parti dans le tunnel du non-retour, sans radar de contrôle, sans double – trouble, sans accusé de réception...

 

Je touche, je retouche, je cartouche ...

J'ai ripoliné, vitrifié, caviardé, goudronné, bémolisé, griffonné quelques milliers de pages vierges.

Lits pliants / Jours de gala

intermèdes bleus-pâles signés COBRA.

 

Je ne suis pas un Serial Seller !

 

Kymographies en Kouan-Houa / scanners portables pour dialectes-diapositives,

je ne crée rien de neuf. Je rejoue de vieilles séquences.

Trop d’infusions, trop de redifusion.

 

On produit.

On produit à la chaine ; On produit sous licence. On produit en silence.

On produit brut, fauve, organique.

On reproduit.

On se reproduit .

 

On reproduit de substitution, on reproduit alimentaire.

On produit logique, on produit gaz carbonique.

On triche, on sous-traitre, on colle, on collectionne : falsification/ fabrication / confection/ cogestion/ congestion / bave à la pression / souscription / Soumission

 

On se livre de poche.

On se livre des pas perdus.

On se livre d'occasion...

 

Je ne sais plus très bien pourquoi j'écris.

Je ne sais plus très bien ce qui mérite d'être raconté, d'être partagé.

Je n'ai plus aucune envie de construire, de détruire, de pirater, de plagier, de prouver, d'émouvoir.

Je ne sais plus très bien pourquoi je continue.

Je ne sais plus…

Je ne …

Je...

 

Caméra Cobra

 

 

+ Daisy D ( un moustique a piqué des idées )

 

Daisy D

 

http://leoncobra.canalblog.com/archives/2018/03/31/36279655.html

 

 à suivre ...