QUEUE de POISSON
( 1 / 2 )
Devant le bassin du jardin du Luxembourg...
... à cette époque je répondais au pseudo de Caddy. ( à cause de mes pompes ! )
1 AVRIL 1968
Tout le monde connaît le jardin du
Luxembourg, passage obligatoire entre la fac de droit de la rue d’Assas et la
fac de lettres de la Sorbonne. Avec son
bassin, ses voiliers loués à la demi heure avec leur ridicule canne en bambou,
sa réplique de la statue de la liberté, son buste de Baudelaire, ses dragueurs
industriels, ses sénateurs invisibles protégés dans leur grande bâtisse, le
Luco est un pont naturel entre le sixième et le cinquième
arrondissements, une douce promenade, un havre de paix au milieu de la
circulation automobile parisienne.
Il faut noter qu’en 1968 les chaises du parc étaient encore
payantes et qu’il était formellement interdit de s’allonger sur les pelouses.
En ce premier Avril 1968, le Luco était notre
terrain de jeu. Il s’agissait d’y organiser une grosse déconnade dans le plus pur style potache. J’avais proposé
d’acheter un thon vivant, de le lâcher dans le bassin puis de le capturer à
l’épuisette après avoir convoqué la presse à sensation. Trop gros le
poisson ! Mes extravagances avaient été contrées par le vote du TD .
Mes condisciples d’Assas avaient préféré une journée écossaise. Suivre les cours en kilt en buvant d’énormes rasades de Whisky pour aller ensuite danser la gigue sous le kiosque à musique, cette motion avait rallié tous les suffrages. Vexé, je n’avais joué le jeu qu’à moitié, participant au monôme mais vêtu d’un bermuda écossais pour bien me singulariser. Ce fut une joyeuse pagaille, loin des comités Viêt-Nam de la fac de Nanterre et des parties de touche-pipi de cette même cité U ! Personne n’imaginait qu’un mois plus tard… et dire que certains ont parlé de conspiration, de complot international ?!?! RIDICULE.
