... Le COVID 19 aime la Poésie

 

 

grippe espagnole

 

Sacrifice

 

On a pas fini d’en bouffer du poème de confinement, sauce bolognese, sauce gribiche, sauce aigre-douce du Wuhan.

Car depuis qu’elle est confinée , la France a le blues. Ça écrit, ça rédige,ça griffonne, ça transcrit. Les plumes s’ aiguisent, les stylos crachent, les claviers brûlent ; une irruption cutanée d’épitres, de prières, de stances, d’épigrammes, d’odes à la pandémie, aux soignants, à l’être suprème, à Toth, à Odin, à l'hydroxychloroquine, à Coluche, à l’abbé Pierre , au Dalaï Lama….

Des putains de trucs à dire, des trucs vachement poétiques, des trucs terriblement politiques, des visions diablement prophétiques, des analyses sacrément originales, pointues, philosophiques, existencielles, incontournables, inévitables, beuarkkkkkkkkkkkkkkkk, j’étouffe devant tant de rhétorique.

Prose-panique,vers de trouille, la décharge poétique déborde de niaiseries.

 

Où étiez-vous au temps trop lointain du SIDA ou trop proche d’Ebola ?

Dans un caravan-car sur les routes de la Côte d’Azur ? Dans un Easy-Jet pour la Croatie ?

Au fast-food des corps, à la rotisserie des âmes ?

Souvenez-vous de la solution miracle : mettez une capote ou abstenez-vous !

Maintenant ça continue : mettez un masque ou restez confinés !!!

 

Sainte Axe

Sainte Axe ( Samuel Czaezerios )

 

Un peu de décence. C’est vrai, j’en fais des tonnes alors je la boucle.

Laissez moi apprécier le vrai silence, l’autenthique.

Son poids, sa frayeur, sa démesure.

Son souffle bestial, tour à tour chaud ou froid, tendre et brutal, caressant et blessant.

Cette aphasie oppressante que je n’ai ressenti que le lendemain des attentats du Bataclan

Un besoin de vide absolu pour endurer, assimiler, rebondir.

 

La solution : elle est si simple.

Tu t’écris à toi même.

Inutile de publier.

Inutile de gâcher du papier. Inutile de scléroser l’espace virtuel. Inutile d’échanger cette littérature de confinement,

cette boursouflure sur la véritable poésie.

Cette tumeur, ce bubon , presse le fort.

Qu’il explose, qu’il se vide, qu’il disparaisse de ton cerveau mais qu’il reste séquestré bien au chaud pour toi seulement dans ton journal de bord.

Pour toi seulement et ta plus grande délectation.

Déguste le.

Savoure le.

 

( Léon Cobra 10/04/2020 )

 

Dactylo rock