... DIALOGUE avec une POUBELLE

 

 

Thoreau

 ( Qu'il est vain de s'assoeoir pour écrire

quand on ne s'est pas levé pour vivre )

 

 

JE TU IL ON NOUS VOUS ELLES

 

Je
ne sais plus.

Je
ne sais plus très bien ce que j'ai écrit depuis dix ans ;

ce
que j'ai mis en ligne, ce que j'ai refoulé.

Je
ne sais plus très bien ce qui me plait, ce qui m'ennuie, ce que je
massacre, ce que je maitrise, ce que je balbutie, ce que je rabâche
sans arrêt, ce que je cherche à créer ou à détruire...

Je
n'ai plus aucun repaire palpable. J'ai tout balancé sur l'autoroute
virtuelle comme dans un égout à ciel ouvert. C'est parti dans le
tunnel du non-retour, sans radar de contrôle, sans double –
trouble, sans accusé de réception...



 Je
touche, je retouche, je cartouche ...

J'ai
ripoliné, vitrifié, caviardé, goudronné, bémolisé, griffonné
quelques milliers de pages vierges.

 
Je
ne suis pas un Serial Seller !


Kymographies
en Kouan-Houa / scanners portables pour dialectes-diapositives, je ne
crée rien de neuf.

Je reproduis de vieilles séquences.

 

Tout va disparaitre


JE TU IL ELLE ON NOUS VOYELLES


On
reproduit.


On
se reproduit .


On
produit.

On
produit à la chaine  On produit sous licence. On produit en
silence.


On
produit brut, fauve, organique.


On
reproduit de substitution, on reproduit alimentaire.


On
produit logique, prostitution-gaz carbonique.


On
se livre de poche.


On
se livre des pas perdus.


On
se livre d'occasion...

 

JE
ne sais plus très bien pourquoi j'écris.


Je
ne sais plus très bien ce qui mérite d'être raconté, d'être
partagé.


Je
n'ai plus aucune envie de construire, de détruire, de pirater, de
plagier, de prouver, d'émouvoir.


Je
ne sais plus très bien pourquoi je continue.


Je
ne sais plus...


C'est
tous les jours comme un besoin urgent, fondamental, vital,
essentiel !

 

pourquoi