... JOURS TRANQUILLES chez AZERTY

 

 

FOURRE TOUT POST SOIXANTE HUITARD.

( Rocking YASET, fin Mai 2018)

rocking-yaset-fait-toujours-le-quetton

 

Avec les Commémorations qui pleuvent en ce mois de mai (2018) 1968 est mort et bien mort.  Toute sa subversion a été gommée.  Gommée par des donneurs de spectacles mémoriels. Par une (quasi) foule d’acteurs (enfiévrés bien que souvent à demi refroidis)… ou de témoins (que rien). Gommée aussi, par des chroniqueurs pisseurs de copies, (mais niqueurs des faits qu’ils invoquent). Ce mai 2018 aura été… un témoin. Le témoin de la finale (?) défenestration de l’esprit de Mai. Cette «récupération-défenestration» imaginée par le monde marchand en accord avec celui des tenants du sensationalisme, se sera en son déroulé insipide instauré, casseur de réalités. Sans intérêts autres que ceux des faiseurs d’évocations, d’analyses, de publications. Quelques uns ont du se faire bien du fric en répondant aux interviews, en TENANT le terrain des réponses attendues devant des caméras… A toutes les sauces et 100 fois la semaine, durant un mois nous auront eu droit à tout et tout.  68 à Cherbourg, 68 à Toulon, 68 à Strasbourg, 68 à Bordeaux… Et nous auront vu et revu (jusqu’à la nausée) défiler des sociaux-traitres : Cohn-Bendit… Goupil… qui nous rabâchèrent leur amour d’un Macron, bien après avoir renié, leur amour de Mao. Etrange ce Mai 68 qu’on nous servit ! Dommage que Sauvageot soit mort à quelques semaines de ces Commémorations. Il aurait eu, pas mal de baffes à distribuer. Oui, étrange ce Mai 68 qu’on nous servit. Etudiants/étudiantes… Ouvriers/ouvrières… Employés/employées… Gens du secteur privé comme gens du secteur public.  Ils/elles (ces gens) étaient nombreux/nombreuses.  Mais en mai 2018, on ne vit que des LEADERS. Et… pas une seule LEADEURE  ?  Pourtant, sur les photographies de manifs, de prises de parole, de gens cognés par les flics, les femmes n’avaient guère à rougir. Elles étaient sur le terrain, tout comme les hommes.  Bref, et c’est le pire, cinquante années après, on nous présenta 68 comme étant, à la limite, une fête étudiante qui aurait quelque peu… mal tourné. 

Au total (un total vide !) de la même façon qu’on nous rebat les oreilles sur le fait qu’en France, il y aurait eut 1945 Résistants à la libération, contre seulement… 1939 Collaborateurs juste après la débâcle.  En 68 on nous balance à présent que TOUS et TOUTES participèrent. Que TOUS voulaient casser du flic, mettre de Gaulle dehors, etc. Ah donc. Quelles étaient ces voix qui en tous ces reportages, bouffaient du gauchiste  ?  Pourquoi FR3 a-t-elle demandé leurs souvenirs (frappeurs) à des CRS, à des mobiles, à des gaullistes… Té, les pauv’flics  !  Fallait bien q’ils cognent, attaqués qu’ils étaient par la vermine gauchiste ou anarchiste ou (bien moindrement) syndicaliste, qui leur balançait des pavés. Et tiens donc…  «Sans le Préfet Grille-mots, il y en aurait eu des morts»  !  Les six qui furent décomptés/portés au bilan de tués-sans-être- morts, il semble que tout le monde les ait oubliés  ?  Bref cette foire commémorielle m’emmerda copieusement ! En 2018, aprés les Sarkozy, Hollande et Macron, c’est clairement d’une Révolution qui irait à son terme dont nous aurions besoin. Pas d’un « mouvement » d’un ou de deux mois, qui une fois de plus, à sa fin laisserait en place le système répugnant contre lequel il lutta. Mai 68 - Mai 18.  Le sensationnalisme a gagné. Après avoir vu et revu toutes les images des « événements » une énorme majorité de français a opté pour ne pas se joindre aux manifs anti Macron. Tout baigne. Alors, morocons  !!!

 

avenir

ZAD : ZONE à DéFiNir ?!?!

 

1968-2018. Et côté arts ? Côté musiques, après de brillantes années de rock, pop, blues, reggae, rap, d’aucuns QUELLE HORREUR  nous livrent depuis 2 ans un retour aux textes et musiques à la con que nous pûmes connaître sous le règne des yéyés !

Coté arts plastiques/dessins/Sculptures/Graff… Existent toujours autant de peintres ou dessinateurs ou sculpteurs du dimanche. Certains (beaucoup) sont des classiques, d’autres (moins) sont des modernes, voir des post modernes. Certains peignent/dessinent/graffent toujours autant de petits bateaux ou des natures mortes (qu’ils tuent eux mêmes en cakes sortes). Tandis que d’autres sont résolument neufs, innovants ou dérangeants.  (Ces derniers pour moi… sont les plus intéressants). Mais Bon Dieu ! que ne voit-on de croutes  ? Et pour 5 Performers géniaux, que n’a-t-on a supporter de « Performers » sans souffle ni idées. Repiquant dans un récent passé, sans jamais se fatiguer, jamais foutus d’avoir un message POLITIQUE digne, ou une ligne créative authentique.  Ou encore, d’imposer une attitude.

Côté littérature ? -Sauf exceptions- nombre des plus récents très grands auteurs européens, datent -bein voui- du milieu des années 1950. Depuis lors, la littérature nous cause quasi exclusivement des riches et des problèmes dus à leur statut, ou encore, de leurs culs… (Il en va -trop souvent de même-, du côté du cinéma…).

Côté poésie ?  Comme côté roman, le mal semble être bien ancré. On trouve le pire chez ces poètes qui causent (eux aussi, toujours de l’amour de p’tits oiseaux, ou de la nature, à la façon des pires contemporains d’un Emile Verhaeren).  Côté revues désolé… Après les splendeurs de l’underground presse, on est revenu (trop souvent) à des revues gnangnan, sans ligne éditoriale claire, sans positionnement politique ni artistique (ou manquant des deux) et qui plus est… financées par les régions qui les abritent. Poussant parfois -qui plus est- le bouchon, jusqu’à faire payer à des auteurs (assez cruches pour accepter le deal), les pages que certains rédac chefs placent -après encaissement- dans leurs tristes revues !  Et il en va de même chez certains petits éditeurs, non ?).

1968-2018. Et côté sports ? Là c’est simple  !  Le pognon dépensé de ce bord est indécent. Bilan  ?  Devant trop d’insignifiances, souffrez que je re-gagne illico MON souterrain.  Et qu’on ne m’y dérange plus. Merci…

 

       

Dutreix et Bletner, Revue de presse p85 (in Fluide _484)