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à chaos chaos et demie

Photo pour Léon Cobra mai 2018

Carine-Laure DESGUIN

 

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Une seule semelle à trouer le ciel, c’est trop cher le jour pour sucer les ennuis. Ce qui chipote l’oubli au fond de ces cloaques intestinaux, ce sont ces machines à gazouillis (ou bestioles à tampons sur pompe à merde) sur la route de Kérouac, et en parallèle, ces lèvres bissextiles au sexe humide d’apparats. Un peu comme danse la pluie quand le tango à l’abattoir s’étiole, exsangue de mouvements à mots et de rotules à charnières.

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Jusque là, jusque là donc le tombeau des jours d’avant ignorait tout de ces saccages, de ce chaos à chaos et demi. Il  écornifle au diable loin s’en faut et que cesse cette esse à la fin du chaos singulier, et qu’aucun sens ne déverse des germes de miasmes et de tubercules à sauterelles, quitte à engloutir des mies de pain ou autres majestés.  

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Sur un tapis de verdure en soutane de trompe la mort, des larmes se déplument contre les ombres d’une hypoténuse et d’un mur en poussières d’étoiles. Les caddies, toutes entubées de publicités transparentes (si, boire, veau et écus d’or), ornent à moutarde vermeil toutes ces heures et bouquets bien affûtés.

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Des états de siège, assis entre des pots à cuillères matelassées, embouchent un panier de coings pour purée, et pendant ce périple s’écoulent d’un jour de beau temps des poèmes à cheval sur des ruines de lettres et de métamorphoses.

 

((( La loi esth+®tique des deux hypostases ,,, d+®tail  la loi esthétique des deux hypostases: Thierry Tillier

 

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Parfois une aile d’oiseau de feu et une raie d’envergure à l’os, juste à l’orée de l’impossible, commencent à battre les œufs de l’indicible et les secondes d’alors se dénudent au rythme de ce temps-là.

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De tohu-bohu en brouhaha de solfège, le bing bang creuse son sillon. Les terres sont à poil et les poissons sous les peaux ne s’encanaillent plus d’écailles. Les longs cheveux dans leurs grands yeux de soleil vivent encore de beaux jours devant les dieux. Et dans leurs chariots d’agrumes et de pétales, des miradors et des effets spéciaux secouent les lacs endormis.

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De ces alphabets improvisés et de cet algèbre branlant, les seins n’en reviennent pas. Dans l’arène d’une grammaire, sous un soleil de nitrates, une coulée d’aréole se mire, ce sera l’analyse entre les cœurs ou rien du tout de cela, puisque le lait à syllabes ouvertes, comme un pantin de foire, s’émulsionne dans les tempéraments jusqu’aux bords des petites lèvres, quitte à bousculer les glandes de Bartolin.

 

charleroi

Charleroi : Thierry Tillier

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En plein cœur des mousses et des écumes, la logique s’amenuise, bat de l’aile et, entre deux lunes rousses, capitule. A quoi bon s’émouvoir des choses premières qui ne sont plus que des matières grasses, puisque les oiseaux ont des feuilles qui tranchent les soucis et que les silences signent des pétitions ?

 

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Dans les ratures, entre l’une ou l’autre virgule, s’amoncellent des petits tas, tous issus de points de suspension. En attente d’une poubelle virtuelle dans le cosinus d’une tisane (il y a parfois grève ascensionnelle dans le virtuel), d’une pomme pelée aussi mince qu’un trognon, ou de tout autre adjectif qualifié de chair bon marché dans les paniers d’ordures ménagères.

 

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On devine la performance des lacs et des infinis à perte d’horizon, on suppose des fragments d’absolu et des trigonométries à gorge déployée jusqu’à la dernière goutte d’une sève assez kitch que pour swinguer comme ça, à flanc de coteaux et à l’emporte pièce  du pouls et naguère qui pourra, comme ils disent.

  

((( Tentative de Polythanasie esth+®tique ,,,

Tentative de polysthanasie esthétique: Thierry Tillier

 

thierry Tillier Illustrations: Thierry Tillier