... MERDRE in FRANCE

 

Pav+®-Lingot

 

The big trouille Made in France

 

J’ai enfin compris, 1/2 siècle après, comment nous avons attrapé comme le bas-clergé du XVIIses morpions, nos « propres » parasites : Pompidou, Giscard, Mitterrand, Chirac et de pire en pire Sarkozy, Hollande, Macron et le pire du pire n’est pas à son comble ! Il n’y a qu’à imaginer ce que nous vivrions sous la Marine (Le Pen) ou le Jean-Luc (Mélenchon)…

 

Ce fut en mai 68 pendant 

puis immédiatement après : 

légèrement postérieurement !

 

« Sous les pavés il y avait la plage… »                                         

Il y a 1/2 siècle le Sida n’existait pas.

La pilule contraceptive était quasiment en vente libre.

Presque toutes les femmes étaient vêtues de jupes ou de robes dont l’ourlet du bas était à des altitudes variables par rapport au sol.

Les monothéistes de toutes obédiences et toutes sectes confondues s’étaient effacés des paysages urbains et ruraux. Ils étaient enfin hors-paysage.

L’extrême-droite était discrète, écrasée voire inexistante.

Après nos échauffourées du printemps 1968, les gendarmes demeuraient dans leur caserne et les flics jouaient aux cartes dans leur commissariat.

Les très riches, fort justement, avaient plutôt honte et vivaient cachés dans leur hôtel particulier du XVIe arrondissement de Paris ou dans leur château de province.

Les multinationales empruntaient les oripeaux de vieilles usines ou de hangars préfabriqués pour se déguiser en petites entreprises artisanales et sympathiques.

Les parachutes en or sertis de pierres précieuses n’avaient pas courts.

Nous détestions la société de consommation comme celle du spectacle.

Le trou dans l’ozone était fermé, les particules fines au repos, la chimie de la fin du monde était dans des éprouvettes : les oxydes d’azote, le dioxyde de soufre, le monoxyde de carbone, les composés organiques volatils, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, etc.                                                                                                                                                

 Les forêts étaient pleines d’oiseaux, d’insectes et d’animaux à fourrure, à écailles et à duvet.                                                    

Les villages étaient festifs et les quartiers populaires...                                                             

 Les femmes draguaient autant, sinon plus, que les hommes. Nous pouvions être homosexuels, hétérosexuels ou bisexuels. Nous pratiquions l’amour libre et vivions souvent dans des communautés au sein de villages en ruine ou squattions des friches industrielles.                                                                     

 Il y avait des comités révolutionnaires partout comme le CRAC (Comité Révolutionnaire d’Action Culturelle), le Front Q. (Front Culturel) le CRAPUL (Comité Révolutionnaire Par Un Langage)                                                                                                                         

On fumait où l’on voulait du tabac et toutes sortes d’herbes exotiques ou sauvages.                                                              

 Les écrivains et les poètes écrivaient des livres.                                                                          

 Les artistes fabriquaient des objets, des pièces voire des œuvres. D’autres montaient des installations ou développaient des performances.                                                                     

 Les architectes réfléchissaient au comment habiter et au comment vivre.                                                                          

 Les musiciens cherchaient de nouveaux accords. Etc.                                                                                          

Nous étions tous artistes, tous militants, tous fraternels.          

La plupart des journalistes attitrés mentait mais il y avait plus de 1000 titres de free-press* à travers la France pour toutes les minorités, sexuelles, professionnelles ou sociales. Alors les jeunes gens purent poursuivre ou finir les études de leur choix.                                                                                   

  Les footballeurs gagnaient correctement leur vie, pas plus pas moins, et jouaient au ballon ?                                          

  Les migrants avaient droit à l’une des vertus fondamentales de notre pays : le droit d’asile. Ils étaient accueillis, logés, nourris puis trouvaient un boulot et pouvaient rapatrier leur famille. Nous étions tous multicolores et polychromes. Ils étaient nos hôtes… C’était tantôt notre souhait tantôt notre désir.

«  Il était interdit d’interdire ! »

Nous étions libres. 100% libres !

Libres !

Alors le bon peuple français a eu la trouille, une trouille bleue.

Et il s’est réfugié dans des valeurs de plus en plus conservatrices, des politiques de plus en plus réactionnaires et s’est tourné vers des politicards de plus en plus cyniques ou de plus en plus cons et même quelquefois cyniques et cons. 

Et ce hélas, à maintes reprises avec le soutien, le secours, l’aide, le renfort de certains de nos amis ou de nos camarades jadis aussi libres que nous !

Le bon peuple français recherchait et désirait des valeurs sûres et sécurisantes, il désirait la sursécurisation !

Le bon peuple français voulait être protégé à 100% et courir des risques à 0% !

Quant au mauvais peuple il se détourna de toutes les politiques en cours !

Goinfre

Alors :

« Sur les pavés il y a un macadam compact… »

Les pharmacies et les toubibs ont commencé à attaquer la pilule contraceptive et toutes les autres formes de contraception féminine ou masculine.

Presque toutes les femmes sont en pantalons d’allure plus ou moins sportive ou de blue-jeans plus ou moins déchirés.

Les monothéistes de toutes obédiences et toutes sectes confondues se manifestèrent partout, massacrant partout comme au sale temps de la Saint-Barthélemy – en plus moderne – ne se contentant plus de se tuer entre eux.

L’extrême-droite devint puissante voire majoritaire dans quelques-unes de nos provinces.

Les gendarmes sortirent de leur caserne et les flics contrôlèrent les uns et les autres. On installa des radars le long de toutes nos routes, des vidéos de surveillance à chaque coin de rues, toutes nos cartes plastiques furent munies de puces délatrices.

Les très riches, s’exhibèrent, hors de leur hôtel particulier du XVIe arrondissement de Paris et leur château de province.

Les multinationales planquèrent leur fric dans les paradis fiscaux, dégraissèrent leurs entreprises pour augmenter leur bénéfice et pour distribuer de meilleurs dividendes à leurs actionnaires. Les patrons s’accordèrent des salaires qui étaient mille fois ceux de leurs ouvriers ou employés. Les parachutes en or sertis de pierres précieuses étaient plus nombreux que les parachutes normaux lors du débarquement de Normandie.

Le bon peuple se remit à consommer à toute berzingue et à s’abrutir nuit et jour devant la télé.

Le trou dans l’ozone s’ouvrit largement, les particules fines s’animèrent, la chimie de la fin du monde sortit de ses  éprouvettes : les oxydes d’azote, le dioxyde de soufre, le monoxyde de carbone, les composés organiques volatils, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, etc.                                                                                                                                                

 Les forêts devinrent muettes, fini le chant des grillons, terminé les stridulations des sauterelles. La faune à poil et à plume se fit rare.                                                                       

 Les villages devinrent des ensembles d’habitat pavillonnaire et les quartiers des amas d’immeubles gris autour d’un centre commercial                                                                             

  L’égalité homme/femme eut du plomb dans l’aile. Le harcèlement et les agressions sexuelles se multiplièrent... Plus de comité révolutionnaire mais des mouvements et des tendances dans les partis archaïques ou désuets tantôt proclamés de droite tantôt dits de gauche.                                  

 Il fut désormais interdit de fumer dans les lieux publics et sur les quais de gare. Les lois liberticides furent votées à tire-larigot : il s’agit de mâter le mauvais peuple !                     

    Les écrivains et les poètes ne désirèrent plus que passer à la télé.                                                                                            

  Les artistes ne voulurent qu’être intégrés dans le marché de l’art made in america ou contrôlé par les oligarques russes ou milliardaires chinois.                                                          

   Les architectes se soumirent à la volonté des promoteurs et des politiques compromis ou corrompus.                                                                                                                                     

 Les musiciens recherchèrent à obtenir leurs disques d’or. 

 Les artistes se nommèrent Jeff Koons et devinrent patrons d’usines à merde. Etc.                                                                

 La plupart des journalistes attitrés continua à mentir et il n’y eut plus aucun titre de free-press. Les minorités, sexuelles, professionnelles ou sociales eurent du mal à trouver des moyens d’expression avant que les blogs ne se développent.                                                                              

 Les jeunes gens après leurs études purent s’inscrire au chômage ou devenir caissières dans les hyper marchés ou apprentis manœuvres chez des artisans.                                                                                                                                                          

    Les footballeurs gagnèrent  autant de fric que les patrons au parachute doré voire plus ! Et embauchèrent impresarii et avocats pour avoir encore de meilleurs contrats. Le ballon devint un  prétexte tandis que le bon peuple se passionnait pour un championnat dont les budgets d¹une équipe à l’autre pouvaient varier de 1 à 100.                                                             

   Les migrants furent chassés, pourchassés, emprisonnés, reconduits quand ils ne s’étaient pas noyés en mer Méditerranée, gelés en montagne ou battus à mort en Lybie…                                                                                 

 Les nouveaux philosophes plus imbéciles et plus réacs les uns que les autres prirent la parole et conquirent les media. L’intelligence prit la fuite devant l’armée des reality shows, des jeux pour débiles mentaux, ou autistes à la mémoire infaillible. Elle s’effaça pour laisser la place à des journalistes compromis achetés et incapables.                                                      

   Ce fut la volonté des belles fortunes françaises qui s’étaient achetés la quasi totalité des media : télés, radios, magazines, journaux, etc.

«  Il est désormais indispensable d’interdire ! »

 

Tout ça est de notre faute : notre liberté, la liberté, leur liberté éventuelle entrevue leur foutait la trouille, une trouille bleue ! Une formidable frousse !

Nous n’avons pas vu que notre prise de liberté pour l’offrir à toutes&tous terroriserait le bon peuple. Il ne voulait, désormais, qu’être protégé, sécurisé avec l’armée et la police, (elle-même contrôlée, par des politiciens élus « démocratiquement « à une majorité de 25% maximum de par le nombre énorme des abstentionnistes), sur le seuil de leur porte. 

 

Julien Blaine Avril 2018

julien Blaine

1968 / 2018 :

½ SièCLE

Julien Blaine :

¾ de SièCLE