... SOIXANTE ROUTARD

 

Logo

 

CARNET de ROUTE

Jeudi 10 Septembre 1970 :

Arrivée à Agra à 5h. du mat’, un waiting room et enfin un pieu à l’Hôtel Agra…

Je m’écroule comme une masse en proie aux hallucinations… rickshaws en flammes, bonbons laxatifs, musaraignes en batik. 11h. une douche, du talc contre les puces et c’est reparti ! La gare où c’est encore tout un cirque pour dégotter un billet… deux heures de couloirs, ne pas confondre Agra Cant et Agra Fort… understood mister ? La mosquée, le fort, une chevauchée en moto, en croupe avec un soldat derrière la fanfare bigarrée qui va immerger la statue de Ganesh dans Jamuna River. On rencontre trois charclots croisés à Bénarès et Kathmandu, Frank, Marcel et Francis , fils de médecins niçois qui nous proposent de visiter le Taj Mahal de nuit. Ils se prennent un trip, histoire de bien planer dans le marbre ; ça vient pas assez vite, Marcel avale une seconde capsule d’acide. Le gâteau symétrique danse au milieu des coassements de grenouilles et de l’écho cristallin de la chambre mortuaire. Le guide nous laisse tous les cinq près des deux cercueils contre un somptueux bakchich, Quarante cinq minutes de plaisir intense… tombales trans-lucioles, lampes magiques, reflets de l’obscur…

Road to India

Vendredi 11 septembre :

Majuscule lassitude… Perte du self-control, crise de nerf et mal au bide. La rue indienne devient infernale… du calme ! Mais c’est toujours le tumulte et les bruits. Interminables discussions pour gérer le fric qu’il nous reste… une longue marche pour trouver de la bouffe chinoise… En vain ! Départ le soir, tous les cinq pour Jaïpur dans un train surchargé. Juste une pipe pure de ganja pour supporter le voyage, un joli parfum émane de ma bouffarde, d’abord cool cette herbe puis je décolle sur ma Charminar aquaplane direction Cosmos-Street.

 

Fragments de texte extraits de JUSTE COMME UNE ETOILE SUICIDEE / recueil abandonné dans les poubelles de l'histoire des Seventies.

Charminar