... L'AUTOMNE des ADIEUX 

 

 

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EDITION SPéCIALE: NAKAHARA Chûya

le Rimbaud japonais

 

Nakahara    Nakahara_Chuya

 

Méconnu en France Chûya Nakahara ( 1907-1937 ) a chaussé les semelles de vent d'Arthur Rimbaud pour échapper au conformisme pesant de l'empire du Soleil Levant.

Le vent se lève, les vagues grondent

et devant l'infini j'agite les bras

( automne aveugle )

Comme son maitre spirituel il vivra un destin fulgurant, publiera ses premiers poèmes à 13 ans et disparaitra prématurément à 30 ans après avoir connu extase, souffrance, trahison, frustrations, solitude et tourments .

Moi, dans la nuit, dans la salle d'attente de cette gare au linoléum ensommeillé,

j'exigeai à éteindre, une chaudière en ébullition.

( Une saison d'un coeur. Poème en prose )

 

 Portrait

 

Fils du soleil mais aussi dadaiste, il rompt avec la poésie traditionnelle japonaise et ponctue son oeuvre de dizaines de références à ses modèles, les poètes maudits français :Chanson du bélier & Voici venir le temps ( Baudelaire ) Balzac, Pluie dans la nuit ( Verlaine ) ...

Et mon âme qui pense, ses pensées sans pensée

S'est refermée, comme un coffre moisi

Lèvres pâles, et joues sèches

Se gonflent encore de ce silence, atroce...

 

 NC poèmes

 

Les textes qui suivent sont extraits du bouquin : NAKAHARA Chûya / Poèmes / Editions philippe Picquier : traduits du japonais par Yves-Marie Allioux.

 

 Couv'

 

Cirque

Cirque

 

Auto portrait dans la nuit froide

autoportrait

 

La tristesse est salie

 

 tristesse

 

Femme Coréenne

 

Les rubans du vêtement d’une femme coréenne

 

S’emmêlaient dans le vent d’automne

 

Etait-ce le vent d’automne ?

 

Dans les rues elle marchait et marchait

 

Tirant la main de son enfant

 

O toi et ta figure au font plissé

 

Poisson séché à la peau basanée

 

A quoi pense-t-il ce visage ?

 

Moi aussi j’étais on ne peut plus misérable

 

Mon regard était-il vraiment celui d’un cœur stupide ?

 

Elle me vit et soupçonneuse

 

S’éloigna en pressant son enfant…

 

La poussière qui s’élève légèrement

 

Que veut-elle que je pense

 

La poussière qui s’élève légèrement

 

Que veut-elle que je pense…

 

NAKAHARA Chûya ( Chanson des jours d’antan )

A l’âme de mon enfant mort Fumiya

 

http://www.nakaharachuya.com/poems.htm

 

 inédits 

 

Poèmes Inédits

 

Paroles d'une mélodie DaDa

 

Galanterie est dentifrice

Boa est plaque épidermique

 

Quand le soleil a disparu

Les mondes du soleil ont commencé

 

La carabine est placard à volets

La calebasse est bourse-gousset

 

Quand le soleil est apparu

Les mondes de la nuit ont commencé 

 

La laque a dent noires est fantomatique

La colique est placard à volets

 

Quand l'aube et le crépuscule ont dessiné un diamètre

le monde de DADA a commencé

 

( Toutes choses que le Bouddha contemple et que le Christ admire )

 

 

 NakaharaC

 

Dack Dock Dakun

 

Dack Dock Dakun

Tchien dan den

Pih...

Phu...

Bohdo...

 

La gamelle se réchauffe

Midi à l'usine

Sur les pointes de fer la lumière se repose

 

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Dans le froid du soir la ville

dans le froid

 

Léthargie ( 1934 )

 

ce qui est anéanti

Serait-ce mon coeur ?

Ce qui est anéanti

Seraient -ce mes rêves ?

 

 

Anthologie