... Contre ventes & marées 

 

 

Logo Quetton

Huitième formule d'une revue fondée en juin 1967

 

 

Samar



Seconde partie: le commerce, voilà l'ennemi !

Ma participation marchande ( et marchandée ) à ce numéro double bon marché.

 

 

pages oubliees

 


BRUITS

Trop de bruit à
mettre en prison ou à enfermer dans des deux pièces-tombes…

Trop de silence dans
les camisoles chimiques.

Trop.


J’avais quitté la
route asphaltée après le carrefour des banques pillées, après la
dernière bibliothèque incendiée, après le dernier Giga Marché
éventré, après, bien après…

Je marchais tranquille
loin des carcasses calcinée des voitures-béliers. Quelle idée
ai-je eu de me retourner ?

J’ai vu l’exode et
la déroute.

Tous ces mecs qui
poussaient des chariots garnis de victuailles avariées.

Le cercle brisé. On
décongèle à tour de bras ; plein soleil mais la connerie elle
ne fond pas ! Cette banquise là est éternelle…

J’ai entendu ce
hareng de la Rue Haute crier : Enferme-les dans la
camionnette ; c’est de la bonne marchandise surtout la pute
borgne !

ça siphonnait
l’essence, les plus saouls la recrachaient en geysers bicolores.
D’autres se faisaient cramer.

L’esprit White
Spirit… Torches humaines, immolations, mutilations, simples
conneries.

Les orgues de Staline
distillaient une jolie musique ; ambiance kermesse héroïque…
détonations, oriflammes, cagoules, déflagrations, onde de choc,
vitesse, ultrasons.

Fallait enjamber les
cadavres dépouillés, dévalisés, éviscérés.

Au loin les pick up et
les lanceurs de roquettes planqués derrière leur Ray Ban
WayFighter.

On ne savait plus
vraiment qui tirait sur qui et pourquoi.

L’essentiel était
ailleurs, cette orgie de sons.

Trop de notes. 

Brondissements,
grognements, pétarades, pillages, vagissements, SCHPROUM…

Zim, Znort…Vroum…
VROUM !

Et moi j’ai hurlé :Je
suis muet !

Trop de bruit.

BRUITS.

Dans le lit des
gorilles, il y a des pics d’alphabets à escalader.

C’est un long
tunnel. Leurs cris résonnent aveugles amplifiés par l’écho.

Galop. Trop.

BIEN TROP de bruits.

Trop de gens. Peu de
place. Un monde qui crève.

Risque d’éboulis ;

Risque de frénésies ;

Trop de risques .
TROP

J’ai fui.


 

Le Président l’avait
annoncé : je ne quitterai pas le pouvoir !

Guerre commerciale,
guerre climatique, guerres internationales et maintenant la guerre
civile, brutale, animale, barbare.

Cuisses écartées,
langues coupées.

Villes, femmes,
prises, reprises…

C’est un long
tâtonnement.

Glueux, vibreux,
tranqueux.

Frissons, vapeurs.

C’est une fuite
flambée au pétrole.

C’est une fuite
filmée au vitriol.

Trop d’inconnues.

TROP

Beaucoup trop.

 

C’est de la chair
vive contre de la viande saignante.

C’est une particule
pileuse dans un océan d’excréments.

Trop de crachas.

Trop d’insultes pas
assez de vocabulaire.

Pas assez.

ASSEZ

C’est de l’écume,
de la bave, de la sueur.

Trop humain.

Trop humaine.

C’est du venin de
sable, du plastique d’écorce.

Comme un vent
d’ombres.

Trop de bruits. TROP.

Beaucoup trop de
monde.

Trop peu de richesse

Comme un vent d’ombres

Vent

OMBRES

 



Et parmi ces ombres

El hombre,

Un homme de sable,
amnésique, échappé du bloc 128,

Qui tient à la main

Un foie de veau. Des
vitamines, leur bienfait.

Il en parle sans
arrêt…

El hopital psiquitrico
de Extramadura

Comme un vent de sable

Une tempête de
psychotropes

Comme un sablier géant

Autonomie trois heures

Sans tonalité sans
fureur

Hurlement râle

Comme un ronflement


A trois bons
kilomètres de sécurité.

Yaset  tire un
caddy rempli de Quettons invendus, invendables ;

Pour faire la
manche !
qu’il
dit

Même qu’il cherche
une photocopieuse, très pieuse, pour imprimer un pamphlet ambulant.

Y’a plus d’encre.
Les dernières cartouches ont été balancé dans les 4X4 coupés
avec du Bioéthanol 850, une spécialité de la région.

Il a du mal à
respirer, le bougre, bouffées d’amiante.

Moi, c’est ma
prostate, difficile de pisser contre le vent.

L’underground en
lambeaux.  Piteux, poisseux.

Noyau  lourd.
Trop lourd.

Hommes sandwichs,
colporteurs de l’imaginaire.

 Ere nucléaire…
Sanguinaire. . Sans issue. Plus personne ne veut lire. Juste salir,
salir !

Ma redingote
poussiéreuse…au mont de Cruauté ; comme une frime dérisoire.

Epouvantail en cavale.

Comme un tourbillon.

Vaporeux.

Misérable.

Le maréchal des
logis, George Plasma, dégoupille une grenade fumigène qu’il
balance derrière nous.

Ecran de fumée.

Il a déserté, il
boite bas ; un sniper lui a explosé la cheville droite. Il se
traine accompagné d’un enfant soldat, son esclave sexuel et d’une
femme obèse qui joue du violon. On les dépasse.

On avance encore au
milieu d’un groupe disparate.

Un fakir, un
somnambule, une cartomancienne, une employée de la voirie municipale
de la Hague, un retraité de l’armée de l’air, une ancienne Miss
Pays de Loire et un sosie officiel de Brice Hortefeux.

Nuages . Odeurs.
Souffles.

Va-t-on arriver à
embarquer pour l’autre Rive ?


Y’a juste le
greffier, Bébert, ce foutu  matou tigré, pas castré, un
guerrier sauvage qui vient de bouffer le foie d’El Arana et le
bruit, ce bruit, au lointain qui se rapproche comme un tsunami pour
nous engloutir.

SCHPROUM…

Zim,
Znort…CRRRRR…Splash, gioumpf, Vroum…
VROUM !

Le commerce, voilà l’ennemi !  extravague
Yaset en mâchonnant sa rage.

 

( Léon Cobra 15/04/2011 18:35:37 )

 

je vends du vent