... Le LAC des SIGLES

 

 

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Fais-moi un sigle !

 

 

Le b-a-ba de l’arnaque c’est d’utiliser beaucoup de noms propres, de sigles.

Toutes les falsifications sont basées là-dessus. Plus c’est difficile à comprendre, à suivre, à visualiser pour l’interlocuteur, mieux c’est ! Il faut le bluffer, l’émerveiller, le divertir, le fasciner, l’égarer, l’embrouiller, le saturer jusqu’à ce qu’il demande grâce !!! Regardez les politiciens en plein show : des chiffres incontrôlables, des statistiques invérifiables et des sigles qu’ils assènent comme autant de malédictions ou de promesses de prospérité.

J’avalais donc des kilos de documentations administratives, juridiques, touristiques. Je mémorisais et recrachais. Exercice ingrat mais indispensable … encore fallait-il peaufiner la mise en scène et les diverses utilisations ?

Il y avait l’érudition pure, la récitation fade mais précise ; le signe barbare : PIB, TVA, FMI, ONU, FIAC, OCBC, IRSN. La recherche du KO brutal ! On ne discute pas, on matraque !

Il y avait le syndrome de l’acronyme redondant, lisible, conciliant, grand public immédiatement réactif : virus VIH, format PDF, écran LCD, On berçait, on engageait le dialogue en douceur !

Il y avait la technique du professionnel. Noyer l’étudiante étrangère sous une pluie de sigles spécialisés pour prouver son authentique capacité dans un univers vraiment très compliqué. DAEU, DALF, DELF, DILF, TCF, YWCA, AEFE. Suivez le guide, je suis votre sauveur !

Il fallait bien évidemment ne pas s’encombrer la mémoire avec des sigles grotesques pas glamour pour un sous comme l’AMRF ( Association des Maires Ruraux de France ) et éviter les plaisanteries douteuses à la Marcel Duchamp avec son célèbre LHOOQ  souvent mal perçu par les cultures non européennes.

Après trois mois de répétitions intensives ;  j’étais prêt à manier le langage des sigles. J’étais devenu un expert, à moi les honneurs des plateaux de télévision !

Gédéon  G. 

 

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