... WE DID IT AGAIN

 

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La Webcam explore le temps:

Flower_power

 

Mon esprit oscille, pérégrine, hallucine… My masq is my masterCellules décomposées, lianes de brouillard, mycoses océanes, plasmolyses et turgescences, j’erre le long des méandres du Light Show livré aux caprices de la sono. Ce rif mécanique m’enfonce à chaque mesure un peu plus dans le néant. La fatigue des derniers jours me plombe salement. Family se déchaîne, les tremolos du chanteur déchirent la tache d’encre qui palpite puis se dilate sous l’effet d’une chaleur intense, la tension monte d’un cran, je quitte la grande salle pour un autre espace, des banquettes, un écran, un film de Barbe Noire, le Pirate, passe à l’envers, je trouve un siège libre, je m’écroule… Save yourself… Je transmigre… Arrêt sur image… Trois frenchies hagards sous une affiche de Roméo et Juliette… J’expire , William… Orly-West London Air Terminal… Le luxe d’un vol charter… Loin du Ferry-boat people, sabordé dans les brumes de Calais … Loin des couloirs glacés de Victoria Station …D’autres odeurs… Hamburgers, oignons. Un Bed and Breakfast vers King’s Cross St pancreas… Putain de chauffage payant, plus de pièce de un shilling pour le relancer…On a claqué toute notre monnaie dans les machines à sous… The Trogs chantent I want you… Jeff Beck, visage vérolé, traverse Chelsea et dédicace à Mods un plan de métro .. ! Les deux putes du Zebra Club prennent Marc pour l’un des Walker Brothers… Deux Panthères Noires en mini, la trentaine sculpturale qui se vantent de connaître Jimi Hendrix… Amazones d’ombres et court circuit… Elles veulent l’entraîner vers une Red House de Portobello ou les trottoirs de Soho… Cavalcades,  déferlantes d’idoles au 7 Leicester Square… On le ramène à la raison en l’enfermant dans une cabine téléphonique toute une nuit sans lune…Concert dément des Move au Marquee Club, le chanteur fend les postes de télévision à coup de haches, le hot devil curry des pakistanais jaillit des filtres cuivrés… Pâté de tête Rimbaud, fripes de King’s Road…Orgie de velours, lisse, et côtelé, vieil or, ultra violet ou mauve… Pantalons étroits, redingotes cintrées, uniformes chamarrés, tuniques satinées, escarpins à boucles argentées, bottines en daim de Carnaby, griffe John Stephens…Denny Laine and his Electric String Band…Harmonica épileptique à Wardour Street… Crapahuter de boutiques de disques en magasins de guitares de Charring Cross à Oxford Street … Merde, on est quel mois, septembre ou janvier ? Fat Blacky, le corbeau sans aile de la tour de Londres picore une partition déchirée, souillée par la graisse d’un Fish and Chips… J’ai du m’assoupir un petit quart d’heure ou un long trimestre, je refais surface et regagne la salle de concert enfumée… Scolopendres et plumes de paon… Comment sommes nous arrivés ici, à U.F.O. ??? Unlimited Freak Out disaient les deux petites françaises de Soho Square en nous refilant ce tuyau : Round House, King Cross Station, vendredi soir 23h… 

 

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Fête des Métamorphoses : ouvert toute la nuit ! 

 

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Les clochettes des hippies, les tuniques à fleurs, les bâtonnets d’encens, je me faufile dans l’assistance et rejoins Mods et Marc. Une étrange voix enfantine, aigue, traverse un mur de Marshall, distordu par les pédales fuzz et wah-wah . Soft Machine, un équipage psychédélique qui réinvente la formule du trio magique, loin des Cream d’Eric Clapton et de l’Expérience de Jimi Hendrix. Michael Ratledge émerge derrière son orgue, Robert Wyatt disparaît derrière sa batterie, ses cymbales et ses gongs. Je capte quelques mots en français Plus belle qu’une Poubelle… Longue improvisation, répétitive, hypnotique, We did it Again… Kevin Ayers, le bassiste, porte un faux pied monstrueux, l’un de ces gadgets gore en caoutchouc, vendus pour les fans de films d’épouvante de la Hammer’Films, genre the mask of the Red Death, Hauted Palace ou autre Cormanerie. Il est maquillé et répète la même phrase depuis dix minutes un sourire narquois aux lèvres.

 

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 UF.O. is a community me glisse une fille en mi-jupe, sortie directement du miroir d’Alice en me distribuant un tract. Tu connais International Times de Hoppy ? Je ne connais pas ce IT. Turn on, tune in , drop out ! Branchez vous, réglez vous sur la bonne longueur d’onde et lâchez tout !!! Un frelon me pique.  Lâchez la proie pour l’ombre ! clamait déjà André Breton en prônant le Grand JeuHope for Hapiness Les Soft Machine ont terminé leur freak-out, la foule balance des pétales de fleurs et des ballons colorés. La sono joue Rainy Day Women N°12 & 35 de Bob Dylan… Je connais bien ce hit… une farandole bigarrée, une odeur âpre de tabac-congo-sativa… Flower-Power, quelque part dans l’underground londonien… Get out my dreams !

 

Marquee_Boys 

 with a little help from my friends…

 

 

Trente ans après on retrouve les trois frenchies du Devon Hotel sur Primitive Expression le deuxième CD d’AME-SON sorti chez Spalax Music en… 1999 ! Entre-temps Marc Blanc aura joué avec David Allen, le quatrième mousquetaire des Soft Machine, ( Banana Moon ) et sorti l’album Catalyse avec AME-SON en 1970. Léon Cobra aura édité le Tréponème Bleu Pâle, revue de poésie underground ( 1974-1975 ) puis participé au fanzine de bd , A Comme, (1977-1978 ). Une bande de 45 minutes enregistrées par nos trois amis en 1971 reste inédite ; un album-concept acoustique d’une douzaine de titres baptisé Eclosion.

 

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