... du RIFIFI pour l'UTOPIE




Gogos
Philippe, Stef et Agnès sur scène...


Je détestais le nom de la troupe, La Goguette, trop popu pas assez Pop. Pas mon vocabulaire...

Quant au titre de la pièce, du rififi pour l'Utopie, la référence aux bouquins d'Albert Simonin et à la Série Noire de papa me paraissait complétement désuet.


RIFIFI


Lourdel a proposé cette affiche.
Elle fut sèchement refusée !!!




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Recolorier l'Histoire ?
Falsification ou création ???





( 2 )

 

 

- Ho hisse ! Allez tous ensemble au signal !

 

La montée des mats s’était soldée par un premier échec. On était pas des forains ; bien trop rachots pour l’exercice physique.

Roger, le big boss, nous gueulait dessus. On assurait pas.

Aspic était vexé. Il balança sa clope se retournant vers Pato, Isa et Charles.

 

- On va leur montrer ce qu’on vaut au Tréponème. Allez Cobra, viens nous rejoindre !

 

Même Blek était de la partie.

 

- 1,2,3, Go ! hurla Roger qui oeuvrait de l’autre coté avec Bibiche et ses sbires.

 

- Ouuuuuuu…ais !!!

 

Cette fois c’était gagné. Les mats se dressaient vers le ciel. Le chapiteau sortait de terre tel l’étendard de la désolation. Il ne restait plus qu’à consolider l’installation en fixant cordes et piquets.

 

- Il ne manque plus que le pavillon à tête de mort des frères de la cote au sommet balança Aspic en rallument son mégot. Sa provocation se solda par un bide. En fait cette remarque anecdotique marquait le début des hostilités entre le Collectif et nous. On sortait quelques bières de la glacière et on trinquait au succès de l’opération.

 

- Elle est où la baleine ?

 

Déjà des gosses se pointaient pour nous faire chier. Comment leur expliquer qu’il n’y avait pas de baleine, que tout ça c’était du marketing et qu’en guise de cétacé ils allaient se payer du mime, des fanfares et des découpages !

Cuivres

Philippe, Bibiche, Catherine en répètition...

On attaquait la deuxième  caisse de mousses en se congratulant quand brusquement le premier débat musico-politique s’engagea sans préambule.

 

- Tu connais pas Docteur Feelgood ?

- Non.

 

Aspic qui venait de passer un an à Ipswitch dans le sud de l’Angleterre s’en prenait à Bibiche dont les connaissances en Rock N’Roll plafonnaient à Béranger.

 

- et tu connais pas les Sex Pistols ?

- Ce sont des nazis !

- des nazis ? T’es malade, ce sont des anars !!!

- Des nazis. Ils portent des croix gammées !

- C’est de la dérision ; c’est pour choquer les bourges !

- ça va avec vos conneries. Allez installer votre stand de presse ! ça c’était la voix suave de Roger qui tranchait le débat ; en fines tranches, bien sur…

 

- Y’a pas le feu. On ouvre que demain !

- Ouais… mais tout doit être prêt ce soir !

- allez viens, laisse tomber, fis-je, entraînant Aspic, ce mec écoutait encore Gilbert Bécaud quand nous on vociférait Satisfaction des Stones !

 

 

 

( 2 )

 

Deuxième jour

 

 

 

La nuit tombait lentement.

La journée s’était passée en douceur. On avait diffusé nos tracts pendant une heure aux passants autour du square puis on s’était installé dans notre stand de presse parallèle. Lumières indirectes, grosses bougies coloriées, bâtonnets de santal, tables recouverte de velours prune, posters de Lagrue , calendrier A Comme et musique d’Hendrix, on la jouait underpress super cool ! On diffusait le Tréponème, l’Estrassa, A Comme et quelques autres canards qu’on avait en dépôt. Le stand de presse parallèle se tenait à l’entrée du chapiteau juste à coté du bar légèrement en retrait de la scène et des places assises ; c’était une position idéale, un lieu de passage incontournable.

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 Aspic était en train de se rouler un joint quand un représentant de la mairie pointe son nez.

Le gus en costard cravate, sans doute en mission de reconnaissance, un peu perdu, s’adresse directement à Maitre Henry :

 

- Qu’est-ce-que-vous faites ici ?

 

Et lord Aspic de répondre direct :

 

- Ben, j’roule un joint !

 

Panique dans le Collectif, Bibiche et Roger rappliquent pour récupérer le VIP et l’entrainer dans un recoin sécurisé pour lui délivrer un discours plus militant.

Un quart d’heure après ils reviennent pour balancer leur fiente :

 

- Pauvres cons, vous voulez tout faire foirer avec vôtre conduite débile ! on a besoin de soutien pour faire connaître notre projet !!!

 

@ suivre...

Cette affiche là est une contrefaçon !!! Dommage...

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