... Le Chapiteau de la Baleine



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L'affiche officielle du Chapiteau signée Umberto PATO



Premier Jour :

 


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On tapait à grands coups de masse sur les piquets.

On tendait les bâches, la toile à même le sol.

C’était comme une grande tente de camping sauf… sauf qu’il fallait la faire surgir de terre, la dresser en plein square !

Certains étaient torses nus, moi, j’étais en tee-shirt. On était une vingtaine, surtout des mecs et quelques filles.

Les anciens maoïstes reconvertis en entrepreneurs de spectacle avaient choisi l’endroit ; le vingtième arrondissement, le quartier populaire par excellence, un coin de verdure cerné de grands ensembles à deux pas de la Place de la Nation… des symboles, toujours des symboles ! C’était symbole au petit déjeuner, à midi et le soir ! Toujours le même menu, rien à la carte !!!

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Le tract officiel du Chapiteau signé Umberto PATO

Ils avaient le matos : les camions, le chapiteau, la sono… Ils avaient réglé tous les problèmes administratifs avec la municipalité et tracté jusque dans les écoles. Les mouvements de libération, les syndicats, les clubs de boulistes, tout le monde était convié à la fête. C’était une association improbable telle que pouvait la produire cette année 1976- 1977. Nous étions à un tournant historique, vaguement conscients que quelque chose bougeait mais encore incapables de comprendre ce qui allait se produire dans les années 80 et enterrer à tout jamais nos vieux réflexes, nos vieux schémas de pensées, notre mode de vie actuel. C’était une macédoine impossible, une assemblée disparate quasi machiavélique de maos résignés, de troskars maniaco-dépressifs, de babas aux abois et d’anars narcissiques engagés dans un projet trop flou. Des théatreux, des musiciens de rue, des instits spécialisés, des marionnettistes et l’équipe du Tréponème Bleu Pâle au grand complet chargée des affiches, des tracts et du stand de Presse Parallèle.

 

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Stef déballe le matos, j'ouvre la première bière...

 

@ suivre...