Le Tréponème Bleu Pâle

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31 mai 2008

N'IMPORTE où Hors du Système...

Enfin mon âme fait explosion et sagement elle me crie:

N'importe où

n'importe où pourvu que ce soit hors de ce monde !

( C. BAUDELAIRE / Le Spleen de Paris / XLVIII / Any where out of the world )

Golden_memories_68

Ce texte largement inspiré par la citation de CB

a été publié dans le CRAYON NOIR N°22-23

Le_CRAYON_NOIR

N_importe_o__hors_1

Hors_du_S_2

Les_graf_de_l_ombre

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30 mai 2008

aux Champs Elysées...

... je dissous aujourd'hui l'assemblée nationale !


Discours_De_Gaulle_30_MAI_68


30 MAI 1968


Le_FIGARO30_MAI_68


On avait beau se dire tout ça c'est de la mise en scène :

Ils montent les Champs  puis redescendent en bus puis remontent à pied une seconde fois...

On savait bien qu'ils étaient presque un million comme nous le 13 Mai !

et qu'ils avaient gagné la deuxième manche...


DEBRE_MALRAUX
Debré & Malraux: retour de flamme.



Posté par leoncobra à 09:29 - MAI-JUIN 1968 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mai 2008

NIHONSHU


La_voix_de_son_phono


Chaque mois le Tréponème vous recommande un site ou un blog.
L'alien bleu pâle du mois de MAI a été attribué à Crystel MIALET:


http://chrystelmialet.canalblog.com/



chrystelMiallet


Découvrez l'Asie !


Papillon_de_lumi_re


le Japon !


BUDDHA


et les geishas !!!


Geisha



Posté par leoncobra à 09:31 - Revue de Presse - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mai 2008

CHICANES


Com___Rages


Un séminaire particulier avec des grammairiens particuliers..
.
Un superbe texte de Benoist MAGNAT illustré par deux dessins d'Umberto PATO parus dans A COMME pour les 10 ans de MAI 68 !?!

40 ans de mai 68 ?

Les poètes n’ont pas l’habitude de jouer aux fossoyeurs. La France n’est-elle pas déjà rentrée à l’Hospice de l’Histoire ? Sarkozy, directeur intérimaire de la maison de retraite et forteresse Europe, va essayer d’achever les dernières vies de nos vieux peuples. Au programme : séance de magie pour faire disparaître nos derniers acquis sociaux.

Faire la roue du paon devant la mort est la performance du moment. A son seuil se termine lien de  famille, de sexe, de classe ou de camaraderie. Dans ce contexte, on comprend mal le désir d’un au-delà, d’une continuation, d’une déification de la réalité, car la mort est la seule réalité qui nous oblige à sortir de la banalité quotidienne pour vaincre le temps. Aujourd’hui nous soulignons l’agonie prolongée de notre civilisation occidentale : l’Occident des vieilles monarchies colonisatrices, recyclées en impérialisme économique de bon aloi. En silence, nous nous retirons doucement à l’anglaise du champ social.

Les veilles valeurs judéo-chrétiennes n’ont pas été remplacées par cette volonté de rupture que fût mai 68 ou si peu. 40 ans plus tard, c’est l’enterrement joyeux   de plusieurs espoirs. Nos yeux rebondissent sur les événements du monde avec en de fin de course une grande désillusion.

Si aujourd’hui en partie, les écrits se meurent, c’est que les contenus disparaissent sous les rutilantes carrosseries des contenants. Le tissu social continue de se déchirer, de se fracturer et de se déliter grâce à la volonté de « notre » président. Nous avons du mal à écrire notre histoire, comme si notre apparente abondance créait cette pauvreté qui nous entoure.


PATO_ACOMME_7

Nous héritons d’une civilisation emmurée et bétonnée et par conséquent d’une poésie gazon et cela malgré nos résistances. Il est difficile de rêver au Monde dans un bocal de poissons rouges.

L’art peut nous aider à nous tirer du néant ou de l’inertie, de donner à imaginer un sens au Monde. L’art est notre conscience vivante de la mort. Est-il encore bon de dire «  la beauté est dans la rue » quand la réalité dépasse la fiction ?

Des vents ont beau souffler, il n’y a plus de voiles et ce n’est pas les rames des extrêmes qui lutteront pour le moment contre les courants dominants. L’Europe met à bas ses millions de chômeurs et d’exclus après les avoir stérilisés de l’engendrement du bonheur.

Notre slogan sera : « ce n’est qu’un début, continuons à vivre » car les jeunes peuvent revivifier l’imaginaire sociétal. Pour eux, nous ne devons plus statuer le sens, mais être prêt à la perte du lieu, de l’espace et du temps pour l’émergence d’une rencontre. Nous pourrons peut-être alors ressaisir la globalité et cueillir les fragmentations d’origine.

En dépavant la cour des Grands, trouverons-nous une plage ? Entre se soumettre ou mourir, fêtons la vie.

 

Benoist Magnat

ex-soixante huitard

 

PATO_2_ACOMME7


Posté par leoncobra à 10:43 - MAI-JUIN 1968 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mai 2008

Les Dieux du Stade...

Eph_m_rides

... lundi 27 MAI 68


En petite foulée dans le calme et la résignation tous au stade... au PUC, à Charléty pour voir, entendre et complimenter les leaders syndicaux, les dealers de bonne aventure de tout poil, politiciens aux dents longues, secrétaires de groupuscules au zénith médiatique et gros bonnets en réserve de la République... CONSTERNANT ! Je m'allonge, je pose ma tête sur la cuisse de Nathalie; je m'endors dans l'herbe.


Zinc_1


Posté par leoncobra à 09:34 - MAI-JUIN 1968 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 mai 2008

Congregatio de propaganda


Travail__gal


Sur les murs de Paris les étudiants des Beaux Arts
affichent
le désir d'une autre expression, d'une parole neuve, d'une PRESSE LIBRE !!!


Affiches_juin_68


BRATU qui collabore régulièrement au Tréponème Bleu Pâle vient d'ouvrir son propre blog:

http://bratuslike.blogspot.com/





Posté par leoncobra à 09:47 - MAI-JUIN 1968 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mai 2008

NON !!!

BILAN de la NUIT précédente:

CRS

à PARIS:

- 1 mort

- 1045 civils et 1233 policiers bléssés

800 interpellations

à LYON:

1 mort ( un commisaire de police écrasé par une voiture )

Le général De Gaulle annonce un référendum. La consultation porterait sur la participation.

Réponse immédiate du journal COMBAT N°7421 daté du samedi et dimanche 25 et 26 MAI 1968:

Combat_NON

Posté par leoncobra à 11:04 - MAI-JUIN 1968 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mai 2008

La fièvre du samedi soir...

... la nuit du vendredi 24 Mai

au samedi 25 Mai 1968 !!!

BARRICADES ACTE III

Les_guerriers_de_la_nuit

Les Janissaires de l'Odéon

Comme des dératés… COURIR… ça explosait dans tous les recoins… flammes, déflagrations, molotovs, boulons, grenades, détonations, bris de vitres, fumées… le feu d’artifice du 14 Juillet à chaque carrefour.

-          ils nous canardent, c’est la guerre civile ! gueule Carlish quatre bons mètres derrière moi. Il souffle comme un phoque, le gros.

Se caleter, brûler le pavé, prendre ses jambes à son cou… ces putains d’expressions imagées prenaient tout leur sens. On a pas le diable aux trousses mais une horde de CRS qui nous tire comme des lapins. Même pas le temps de les insulter faut détaler.

-          Magne ton cul ! ça c’est la voix suave de Pierre W qui encourage Carlish. Cet enfoiré avec ses dispenses de gym, même pas foutu de tenir six cents mètres.

On avait décidé de se rendre ensemble à l’appel de l’UNEF, Gare de Lyon, trois heures plus tôt. C’était pas une foule, c’était une marée humaine alors direction La Bastille. Certains écoutaient le discours du Grand Charles sur un transistor, d’autres ricanaient, le singeaient, d’autres grimpaient à la statue. Des bandes de jeunes, travailleurs, chômeurs, loubards surgissaient de nulle part et rejoignaient les gauchistes équipés de casques, de gants et de foulards décidés à en découdre. Certains étaient armés de pioches, de gourdins, d’autres de haches. Ils coupaient les arbres, édifiaient les premières barricades, ça allait chauffer !

-          à l’Hôtel de Ville !

Une clameur… Insensée, intemporelle, fatale, irrémédiable !!!

Prendre l’Hôtel de Ville comme sous la Commune de Paris.

La Police

avait lu le scénario, bloqué les accès et tout de suite chargé. Grenades, grenades, incendies de poubelles, bagnoles renversées, c’était parti au quart de tour. Emeutes Rue de Lyon, émeutes Rue de Rivoli, tout le centre de Paris était en feu, un aigre goût d’insurrection.

On est une soixantaine dans cette rue. On voit plus rien. La nuit. Les fumées. Les gaz. Blessures ; douleurs. Brûlures. On arrive plus à respirer malgré nos foulards imbibés de citrons et nos lunettes de ski. PERCLUS.

-          Faut rejoindre le Quartier Latin dit un mec.

-          Les ponts sont bloqués glisse une fille.

-          Les vlà y z’arrivent !

A cinquante mètres les CRS, ils tirent à l’horizontale. On s’arrache. Carlish avec ses 80 kilos n’en peut plus il suffoque.

-          Par où ?

-          J’en sais rien, j’connais pas ce quartier !

-          Par où ???

-          Au hasard, à droite !

On s’engouffre dans la ruelle. Nous ne sommes plus qu’une douzaine de fuyards harcelés… la débâcle !

-          Où est le cortège principal ?

-          Ils ont brûlé

la Bourse

, le temple du Capital est en flammes, c’est

la Révolution

!
clame un démon barbu, envoûté, ivre, agitant son drapeau rouge au milieu du cataclysme. On le suit comme des moutons. On débouche dans une autre rue et merde à cinq mètres de nous un groupe de CRS. Tout aussi surpris que nous, ils réagissent mécaniquement, balancent les grenades et nous chargent. Demi tour dans un nuage de lacrymogènes. Ils se concentrent sur le dément hirsute qu’ils tabassent, ça nous sauve. C’est une course aveugle, chacun pour soi à se rompre le palpitant. Je m’extirpe du petit groupe et je fonce, fonce, cinquante, cent, deux cents mètres. Je m’arrête enfin à bout de souffle. Je suis seul. J’ai lâché les CRS, j’ai perdu Pierre et Carlish. Partout c’est la débandade,

la Bérézina. Des

centaines de personnes isolées, perdues, se replient pour échapper au massacre.

-          -  Par là !   fait un mec plus âgé qui semble connaître le coin. La voie est libre.

J’avance, je retraverse

la Seine. Je

me rapproche d’un groupe. Mecs et filles désemparés, désenchantés, avachis sur le trottoir. Je m’écroule avec eux. Dialogues diffus. Les sirènes d’ambulance et les klaxons des pompiers résonnent. Fond assourdissant.

-          C’est le chaos total.

-          C’est plus possible. Vas y avoir des morts.

-          Ils veulent nous tuer.

-          C’est la guérilla urbaine.

-          Tu fais quoi ?

-          Je rentre, j’en ai marre.

-          Je rentre , j’ai la trouille.

-          J’peux pas rentrer, j’habite trop loin, j’suis crevé.

-          C’est trop. C’est l’apocalypse !

-          Tu crois ?

-          J’sais pas…

-          Dur, dur…

HELP

SECOURS URGENCE CROIX ROUGE SOS

Silence. Inquiétude. Lassitude.

Des milliers de jeunes gens traumatisés par la brutalité policière qui rentrent chez eux, qui errent dans la nuit électrique en rasant les murs.

Par miracle, j’ai retrouvé la Rue Buffon, je longe le Jardin des Plantes, solitaire.

Un tel calme après le tumulte.

Je sors d’un cauchemar. Là bas sur l’autre rive du fleuve, c’était la boucherie. Mes oreilles bourdonnent encore. Je ne tremble pas. Je n’ai pas soif. Mes sens sont aiguisés comme jamais… cet instinct animal de survie.

Sur une bouche d’égout le clochard est allongé ; Il dort là, été comme hiver, ses pieds dépassent sur la chaussée. Il est ivre-mort entouré de litrons vides. Je change de trottoir. PARANO. Il n’y a pas le moindre flic dans le coin mais je suis choqué. Je vais grimper mes six étages et m’enfermer à double tour pour écouter jusqu’au petit matin les radios périphériques conter d’homériques combats entre les guerriers de la nuit et les compagnies républicaines de sécurité.

Mourir pour des idées mais de mort lente… La chanson de Brassens comme l’antidote ultime.

Cobra

Nuits fauves à Saint Michel

_meutes

Posté par leoncobra à 13:43 - MAI-JUIN 1968 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 mai 2008

ALZHEIMER


Brenda_68


Guy Darol vient d'ouvrir un nouveau blog: http://ruedupressoir.hautetfort.com/

BIENVENUE dans le PARIS d'antan

à BELLEVILLE-MENILMUCHE !

Posté par leoncobra à 09:30 - MAI-JUIN 1968 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 mai 2008

La censure est dans la rue !

jeune

Mercredi 22 MAI 1968 :

S’entasser, studieuses sardines, dans des amphis bondés ou des loges combles à

la Sorbonne

, à l’Odéon, à bouffer de la purée dialectique, à respirer la sueur rance des aisselles didactiques, à écouter encor et toujours le cours magistral même la clope au bec, c’était pas mon truc.. !

Alors quand l’UNEF a appelé à la mobilisation devant

la Sorbonne

, j’ai retrouvé la rue, fébrile, excité, décidé. Enfin du mouvement !!! Il fallait reprendre l’initiative car à coté de huit millions de grévistes, nous n’étions plus rien.

Transistor_Boyaux

Les députés débattaient, votaient la loi d’amnistie et rejetaient la motion de censure contre le gouvernement.

La CGT

décommandait l’entrevue avec l’UNEF prétextant qu’une organisation sérieuse et responsable ne pouvait discuter qu’avec des interlocuteurs également sérieux et responsables. Le ministère de l’intérieur mettait à profit la sortie de Daniel Cohn Bendit hors de France pour lui signifier une interdiction de séjour.

Nous sommes partis à plusieurs milliers au pas de course, enchainés les uns aux autres, encadrés par le SO casqué de l’UNEF. Les militants de

la FER

et de l’AJS gueulaient leurs mots d’ordre sans grand succès. La foule n’avait ce soir là que deux slogans la censure est dans la rue et nous sommes tous des juifs allemands avec une variante planétaire les frontières on s’en fout ! On a traversé le Quartier Latin à toute allure déferlant vers le Palais Bourbon. Maintenant je connaissais le refrain et le premier couplet de l’INTERNATIONALE comme tous les manifestants d’ailleurs. Plus personne n’était ici par hasard. Les CRS bloquaient certains axes ; on les contournait scandant CRS = SS. On retrouvait la saveur, la ferveur des premiers jours. A minuit la manif s’est dispersée, je suis rentré dans ma piaule crevé, radieux. Pendant ce temps là, quelques irréductibles harcelaient les flics jusqu’à tard dans la nuit. Des blessées, des interpellations… la une classique des journaux !

La_lutte_continue

Posté par leoncobra à 13:47 - MAI-JUIN 1968 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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